Pratiques de création visuelle avec les IA génératives avec Geoffrey DORNE, Julien PACAUD, ainsi que le duo Simon BRODBECK & Lucie de BARBUAT

Table ronde – 11 mars 2024

#Illustration, #Graphisme, #Photographie

Cette table ronde, organisée le lundi 11 mars 2024 à Paris
dans le cadre du programme de l’École de Condé pour intégrer l’intelligence artificielle (IA) dans l’enseignement du design
et de l’image, a réuni des artistes photographes, illustrateurs
et  designers graphiques pour discuter de l’impact
des IA génératives sur la création des images.

Les intervenants, Geoffrey Dorne, Julien Pacaud, ainsi que le duo Simon Brodbeck & Lucie de Barbuat, ont exposé divers aspects de l’IA générative dans leur pratique artistique.

Lucie de Barbuat & Simon Brodbeck, duo de photographes

Artistes depuis 2005, ils ont présenté leur projet « Histoire Parallèle »,
qui explore l’IA générative dans les nouveaux paradigmes esthétiques qu’elle produit. 

Geoffrey Dorne, designer graphique indépendant

Il a évoqué son approche critique de l’IA, initialement perçue comme
un outil de surveillance. Il a cependant intégré l’IA générative
dans ses processus créatifs, et montré comment il l’utilise pour générer des images militantes et de critique sociale. 

Julien Pacaud, illustrateur

Illustrateur reconnu pour son travail de collage numérique, il a partagé son parcours, depuis ses débuts sur DeviantArt jusqu’à l’intégration
de l’IA dans ses créations, remarquant l’élargissement des possibilités offert par les IA pour générer les images sources pour ses collages. 

La table ronde était animée par Ingrid Gantner, Sonia Laugier
et Stéphane Oiry.

Comment les IA peuvent-elles participer au processus
de création ? Quelles transformations des métiers du graphisme,
de l’illustration et de la photographie sont à l’oeuvre avec les IA génératives ? Est-ce qu’utiliser une IA c’est tricher ?

Les discussions ont abordé plusieurs thèmes centraux : 

  • La créativité et l’IA : Les intervenants ont montré comment l’IA enrichit leur processus créatif, non pas en simplifiant leur travail artistique,
    mais en offrant de nouvelles voies d’exploration et d’expérimentation. 
  • La perception de l’IA comme une tricherie : Face à l’idée répandue que l’IA serait une manière de contourner le savoir-faire professionnel
    et de gagner du temps, les intervenants ont présenté leur expérience de l’IA comme un travail exigeant, qui demande une bonne connaissance du métier.  
  • La médiation textuelle dans la création d’images : L’utilisation
    de prompts textuels pour générer des images, processus spécifique
    des IA génératives, modifie la création artistique : elle permet
    une interaction unique entre le texte et l’image, qui, sans oblitérer
    le savoir-faire professionnel, oblige au contraire à l’activer selon d’autres modalités. 
  • Construction d’un corpus et identité artistique avec l’IA : Les artistes ont expliqué comment ils utilisent l’IA pour développer un style distinctif et cohérent, en s’appuyant sur leur savoir-faire professionnel afin de guider l’IA dans la production d’œuvres qui reflètent leur vision artistique. 
  • Commercialisation des œuvres générées par IA : Les intervenants
    ont abordé les défis liés à la commercialisation de leurs œuvres,
    y compris les questions de droits d’auteur ainsi que la réception
    par les clients et les collectionneurs d’ouvres générées par l’IA.

Cette table ronde a mis en lumière les enjeux complexes de l’utilisation de l’IA générative dans la création artistique contemporaine, soulignant
la nécessité d’une approche ouverte et expérimentale,
tout en reconnaissant les défis éthiques et pratiques posés
par ces technologies. Les artistes ont encouragé les étudiants à explorer l’IA avec curiosité et esprit critique.