Programme CITE #001 – GESTE

Le 14 Novembre 2024, trois expertes/experts interviennent dans le cadre
de la première conférence de l’unité de recherche CITE (Corps, Images, Technologies, Environnements). Chacune des interventions a été archivée vidéographiquement et est disponible sur ce site.

PROGRAMME :


Ouverture par France Barrois, Directrice Générale, et Prologue : éloge
de la métadisciplinarité – Cuisiner dans le jeu Zelda : Breath of the Wild, par Roméo Agid, Directeur de la recherche de Condé, Docteur
en Arts-Musique.

I – La douleur est une opinion : caresse et mutilation chez les fakirs
de spectacle, par Fleur Hopkins-Loféron, historienne des images
et spécialiste des imaginaires scientifique (chercheuse indépendante)

À la fin des années 1920 en France, les fakirs pullulent dans les salles
de spectacle, cabinets de voyance et petites annonces de la presse.
Le fakir Tahra Bey, homme de spectacle et prosélyte d’une pseudo-science qu’il appelle la volonthéraphie, se fait le chantre d’un fakirisme moderne, qui célèbre le corps incorruptible, invincible et insensible
des fakirs. À son contact se déploie une forme de néo-fakirisme,
où douleur et érotisme, caresse et mutilation, mort et renaissance voisinent, pour faire naître des spectacles étourdissants, avant-coureurs du body play, des happenings artistiques et du corps endurant
des recordmen.

II – Perdues dans d’infinis labyrinthes – Les histoires que produit l’espace, par Gauvain Leconte, philosophe-épistémologue, spécialiste
de cosmologie et des univers du jeu (Université de Namur, Observatoire Meudon-Paris, Lauréat du prix Marc-Auguste Pictet)

Dans cette intervention, j’aborde la question suivante : comment
se fait-il que traverser certains lieux soit une expérience narrative,
une histoire sans paroles ? À l’aide des travaux de narratologues, j’étudierai des exemples d’espaces narratifs traditionnels (labyrinthes, cathédrales médiévales et roji – 露地 : jardins de cérémonie du thé)
et deux exemples contemporains : les parcs d’attraction et les niveaux
de jeux vidéo.

III – Jean-Eugène Robert Houdin – Le design et la prestidigitation,
par Aurélien Fouillet, sociologue et philosophe, spécialiste du design pluriversel et des imaginaires du jeu (ENS Saclay / ENSCI/ Camondo)

Au travers de la figure de Jean-Eugène Robert Houdin,
il s’agit d’interroger les liens entre le design et la magie
et d’esquisser une autre histoire de nos relations à la technique.

BIOGRAPHIES DES INTERVENANTES ET INTERVENANTS :

Aurélien Fouillet est enseignant-chercheur au Centre de Recherche
en Design (ENS Paris Saclay, Ensci les Ateliers), responsable du MS Création et technologie contemporaine et il enseigne la philosophie
et la technologie du bois. Il est l’auteur de La vie des objets. Les métiers d’art, une écosophie pratique, éditions Ateliers d’art de France
et de Playtime. Comment le jeu transforme le monde ?, éditions
les pérégrines. Ses recherches actuelles portent sur le design pluriversel.

Fleur Hopkins-Loféron, chercheure indépendante, est historienne
des images et spécialiste des imaginaires scientifiques. Elle a consacré
sa thèse de doctorat (Voir l’invisible. Histoire visuelle du mouvement merveilleux-scientifique, chez Champ Vallon, 2023 : Prix SHS PSL 2020
et Grand prix Jules Verne 2024), de nombreux articles ainsi qu’une exposition à la BnF au mouvement méconnu du merveilleux-scientifique français. Elle a approfondi ses recherches sur la lutte entre sciences
et croyances au XX e  siècle, dans le cadre d’un postdoctorat (CNRS/THALIM), consacré à la diffusion du néo-fakirisme dans la culture médiatique française du début du XXe  siècle (Les Nouveaux fakirs.
De l’Inde fantasmée au music-hall, PUF, 2024). Elle est aussi rédactrice culturelle pour plusieurs revues pop culture (La Septième Obsession, Charlotte Mensuel, Les Cahiers de la BD) et essayiste (Mercredi Addams. Icône gothique, Impressions Nouvelles, 2023). Elle consacre actuellement un essai à paraître à la dark romance, qui déconstruit les discours alarmistes sur ce mauvais genre, pour faire valoir son potentiel féministe.

Gauvain Leconte-Chevillard, est spécialiste en philosophie et en histoire des sciences. Sa thèse de doctorat (prix de la thèse de Paris 1 Panthéon-Sorbonne 2017 et prix de Aguirre-Basualdo 2018 de la Chancellerie
des universités de Paris) portait sur L’Activité prédictive des sciences empiriques. Ses recherches se sont progressivement orientées
vers la cosmologie et l’astrophysique. Il a publié l’an dernier Histoire
d’une science impossible. Cosmologie et épistémologie de 1917
à nos jours (Éditions de la Sorbonne, prix Marc- Auguste Pictet
de la société de physique de Genève) consacré aux débats philosophiques qui ont accompagné l’émergence et le développement de la cosmologie relativiste au XX e siècle. Il travaille en outre
sur la philosophie du jeu (en particulier du jeu vidéo), auquel il a consacré plusieurs textes et articles et il a collaboré à l’édification d’une brique d’enseignement à distance sur les queer games pour l’Université
de Montpellier Paul Valéry. Il travaille actuellement en postdoctorat
à l’Université de Namur sur les problématiques d’émergence
des constituants et des lois de la Nature dans l’Univers primordial,
et il publiera à la fin de l’année 2024 Prédire. Essai sur un succès scientifique aux Éditions Matériologiques.