IA & Image et Publicité – BETC FULLSIX

Conférence et discussion avec Tiphaine DU-PLESSY & Annick TEBOUL – BETC Fullsix

Jeudi 26 mars 2026 – 18H – Campus de Paris

Tiphaine DU-PLESSY, directrice de l’agence BETC Fullsix, et Annick TEBOUL, directrice de création au sein du même groupe, ont partagé leur expertise sur l’intégration des IA génératives dans les métiers de l’image et de la publicité, une pratique qu’elles explorent activement depuis 2023.

Leurs réflexions s’articulent autour de deux préoccupations majeures qui agitent le secteur depuis l’émergence des IA génératives : la crainte que l’IA ne remplace les créatifs par des ingénieurs du « prompt », et la pression des clients (ou des vendeurs de ces technologies) focalisés sur les économies budgétaires.

Face à ces craintes, l’agence a instauré une charte de l’IA dont le principe directeur est la création de valeur plutôt que la réduction de coûts. Cette approche repose sur trois piliers :

  • Donner vie aux idées : Utiliser l’IA pour concrétiser des concepts « fous » qui restaient autrefois au placard faute de budget ou de moyens techniques.
  • Émerger du bruit : Créer des connexions marquantes et différenciantes avec le public, à l’image des identités fortes d’Air France ou d’Évian.
  • Valeur Business : Engager plus efficacement les clients grâce à une communication ultra-personnalisée, libérée des anciennes limites techniques.

L’idée est que l’IA peut agir comme un partenaire de « ping-pong » créatif pour aider à diverger, sans jamais remplacer l’idée originale ou la direction artistique. Lors des échanges avec les étudiants, et en détaillant les coulisses de quelques projets, les intervenantes ont insisté sur le fait que si l’IA abaisse les barrières de la production, elle ne détient ni le contexte culturel, ni l’idée originale, ni l’émotion humaine. Elles ont également souligné l’importance capitale des workflows sécurisés : pour garantir la propriété intellectuelle et la valeur commerciale des projets, l’agence refuse les outils « boîtes noires » comme Midjourney au profit de modèles dont l’entraînement est maîtrisé et éthique.

Pour maîtriser le rendu final et garantir la valeur commerciale des images, l’agence décompose la production en workflows structurés qui simulent les étapes d’un shooting réel : choix du décor, de la lumière et des textures via différents modèles d’IA successifs. Ce contrôle rigoureux permet d’éviter le « style IA » générique en imposant une direction artistique précise et une consistance visuelle propre à la marque. Enfin, cette méthode sécurise la propriété intellectuelle en utilisant des bases de données vérifiées, assurant ainsi que les créations finales appartiennent légalement au client.

En conclusion, Tiphaine DU-PLESSY et Annick TEBOUL affirment que l’IA remet l’idée au cœur du réacteur. Pour les futurs professionnels, l’enjeu n’est pas seulement technique, mais réside dans la capacité à muscler son talent et son esprit critique pour ne pas céder à la facilité d’un résultat moyen. L’expertise métier reste le filtre indispensable pour transformer l’output de la machine en une création d’excellence qui « prend aux tripes », prouvant que l’humain demeure le garant de la singularité dans un paysage saturé d’images génériques.